lutte contre les bactérie srésistantes

Publié le par Claude Rambaud

De plus en plus de staphylocoques résistants
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De plus en plus de staphylocoques résistants Jean-Michel Bader  - 27 juin 2006, (Rubrique Sciences & Médecine)Apparues dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, les souches résistantes aux antibiotiques ont envahi la planète et pourraient toucher jusqu'à 52 millions de personnes.

 

UNE PANDÉMIE microbienne envahit lentement et inexorablement la planète depuis plusieurs décennies : l'émergence de souches multirésistantes de staphylocoques dorés (Staphylococcus aureus), appartenant à la famille extrêmement répandue des bactéries de forme sphérique (Cocci).

 

La revue médicale The Lancet, qui a publié mercredi 21 juin une étude néerlandaise, indique que les «MRSA» ou staphylocoques dorés résistants à la méthicilline (un antibiotique utilisé depuis quarante-cinq ans) sont devenus les plus banals des microbes pathogènes isolés en routine sur les continents européen, américain, en Afrique de l'Est, au Moyen-Orient et en Asie du Sud-Est. C'est aussi une menace pour la santé publique.

 

Les staphylocoques dorés colonisent naturellement la peau et les fosses nasales d'environ 25 à 30% de la population. Or, aujourd'hui, sur les quelque 2 milliards d'êtres humains porteurs de Staphylococcus aureus sur la Terre , il y aurait, selon le Pr Hajo Grundmann (National Institute of Public Health, Bilthoven, Hollande), entre 2 et 52 millions d'hommes à transporter la version résistante du microbe.

 

Dans les années 1950, on avait déjà noté l'augmentation continue de la résistance des bactéries à la pénicilline : en 1948, les hôpitaux américains et britanniques rapportaient déjà que la moitié des S. aureus résistaient à cet antibiotique. En 1954, est apparue en Australie une souche particulièrement virulente, transmissible et résistante. Elle fit le tour du monde «à un rythme et avec une virulence comparable à celle d'une pandémie grippale». Cette souche 80/81 fut dès 1957 responsable de la plupart des épidémies dans les maternités américaines et la moitié des foyers épidémiques notés dans les établissements de santé britanniques. Un tiers des malades hospitalisés porteurs de cette souche finissent par développer une grave infection du corps avec passage du microbe dans le sang (septicémie), alors que seuls 5% des porteurs d'autres souches sont victimes de cette grave complication.

 

Défaillance multi- organique

 

C'est en 1961, six mois après la commercialisation de la méthicilline, un antibiotique utilisé contre le staphylocoque, que sont apparus les premiers staphylocoques résistants dits MRSA, isolés chez trois malades du même hôpital du sud de l'Angleterre. En 1967, la situation change et des MRSA multirésistants à de nombreuses classes d'antibiotiques apparaissent en Suisse, en France, au Danemark, en Australie et en Inde : de 1967 à 1971, 15% des staphylocoques dorés isolés chez des malades danois résistent à la méthicilline, la pénicilline, la streptomycine et la tétracycline.

 

En 1993, de nouvelles souches sont apparues dans l'ouest de l'Australie, chez des aborigènes qui n'avaient jamais été hospitalisés auparavant. Des enfants et des adultes sont victimes d'abcès cutanés, d'infections articulaires, de septicémies, de défaillance multiorganique (choc septique), de pneumonie foudroyante. Ce sont le plus souvent des aborigènes, des sans-domicile fixe, des homosexuels, des «taulards», des militaires qui sont touchés.

 

Au Texas, une étude montre que 70% des S. aureus provoquant des infections diagnostiquées en ville sont des MRSA. Les évaluations des centres de contrôle des maladies américains et le système européen de surveillance des résistances antimicrobiennes démontrent que la pandémie est bien présente : il pourrait y avoir jusqu'à 52 millions de porteurs de S. aureus résistants dans le monde. Au départ, ce sont les patients hospitalisés qui sont soit colonisés, soit infectés.

 

 

 

Mais jusqu'à 84% des porteurs ne sont pas détectés par les tests usuels. Des pays scandinaves et la Hollande pratiquent un dépistage systématique des patients à risque et du personnel exposé. Il faut aussi isoler les patients détectés, faire porter des gants et des masques aux soignants, renouveler les conseils de lavage des mains et d'hygiène individuels, limiter les contacts.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Publié dans cap21sante

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