Cherchons l'erreur!

Publié le par Claude Rambaud

Première manche : Le Conseil d'Etat a rejeté la requête de Corinne Lepage en procédure de référé-liberté* dirigée contre la recommandation du CSA, n'y voyant "aucune illégalité manifeste".Le juge des référés du Conseil d'Etat a rejeté jeudi 11 janvier la requête de Corinne Lepage dirigée contre la recommandation du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) relative au temps de parole pendant la campagne présidentielle.
La présidente du parti écologiste Cap 21 avait déposé lundi un référé devant le Conseil d'Etat contre la recommandation du 7 novembre faite par le CSA aux télévisions et aux radios en vue de la présidentielle. Elle demandait un principe d'"égalité" du temps d'antenne et non d'"équité" -règle selon elle "trop floue"- et une comptabilisation des temps d'antenne à compter du 1er avril, et non du 1er décembre.

2 Questions posées : 1 - A quoi sert le CSA ? Comment se fait-il qu'officiellement sur une question des plus déterminantes, celle du financement de la campagne, les candidats qui seront officiellement en campagne devront déclarer leurs dépenses de campagne effectuées depuis le  1er avril 2006 et que le CSA, dont l'unique justification d'existence est de garantir la démocratie dans les domaine du pouvoir des médias, puisse décider  de s'appliquer une règle différente, à savoir, qu'il considère ( cf.recommandation du 7 novembre) ne devoir rendre des comptes aux citoyens en matière de temps de parole des candidats devant les médias audiovisuels, qu'à partir du 1er décembre  2006. Ainsi le CSA édicte ses propres règles ! mais à quoi sert donc cette institution? à protéger les copains ? ou juste à servir des rentes à quelques  "bullocrates" * de plus? ces bullocrates chèrement payés sur des deniers publics et qui, de postes en postes de bullocrates, veillent à servir d'autres bulllocrates et non pas la République. Notre président de CSA arrive en fin de mandat, nul doute qu'un nouveau poste de bullocrate  tombera dans la corbeille de son 60ème anniversaire le 14 avril prochain. Il brigue la direction de l'Institut du monde arabe.

2 - et le Conseil d'Etat ?  dans cette affaire ?  serait-il tellement embarassé d'une décision qui désavouerait le CSA? en effet, s'il avait donné raison à Corinne Lepage,  belle pagaille en perspective, autre cadeau empoisonné qu'il n'a pas voulu faire au très prochain directeur du CSA. Car s'il l'on devait rétablir une égalité entre les candidats à la présidentielle depuis le 1er avril dernier ( ce qui devrait être en regard des règles de financement),  le couple people sego-sarko devrait rester muet au moins jusqu'à l'ouverture officielle de la campagne. ( et peut-être plus, cela se discute)  car ils ont déjà cumulé à eux deux plus de temps de parole que tous les autres candidats potentiels crédibles réunis.

Voilà comment les français sont aujourd'hui privés de choix; par une censure organisée qui ne veut pas dire son nom, et cautionnée par ceux-là même que l'on paye pour garantir  la démocratie. Ces deux institutions montrent là leurs limites et leur perte de sens. Cherchons l'erreur et attendons la seconde manche.

*1 - Référé liberté : Le juge des référés peut enjoindre à l’administration d’agir dans un sens qu’il détermine afin d’éviter qu’une atteinte grave et manifestement illégale soit portée à une liberté fondamentale par une personne de droit public. Le requérant doit établir quatre points : l’urgence ; l’atteinte à une liberté fondamentale ; la gravité de cette atteinte ; son caractère manifestement illégal. * *2 *2 - lire sur le sujet, l'excellent ouvrage de Jean-François Kahn - les bullocrates - ( Fayard)

Publié dans cap21sante

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